Mali : Concours international d’urbanisme : L’ESIAU A L’AVANT-GARDE

Les étudiants mandataires Youssouf Deyoko du Mali et Antoun Rizk du Liban présentant leur prix.

L’Ecole a remporté le 2è prix avec son plan d’aménagement du quartier TSF en Commune II de Bamako

L’USF (Urbanistes sans frontières) est une organisation non gouvernementale créée à Paris. Son principal objectif est d’assurer sa participation à l’échelle internationale dans les domaines de l’urbanisme et du développement durable des territoires. Dans cette logique, elle a, en partenariat avec l’UNESCO et le PFVT, organisé en janvier 2014 un concours international baptisé « Restructuration écologique d’un bidonville et adaptation au changement climatique ».
Quatre grandes écoles ont postulé à ce prix : l’Université d’Etat d’architecture et de construction d’Erevan (Arménie) avec son quartier Kon, un projet dirigé par le professeur Zaruhu Manyan avec l’étudiant mandataire Marie Pillet ; l’Académie libanaise des beaux arts (Alba) avec son quartier Sabra El Horch, un projet porté par le professeur Georges Khayat et l’étudiant mandataire, Antoun Rizk, School of Planning in architecture Delhi (Inde) avec son quartier Bhalswa, une initiative conduite par le Pr A K. Maltra et le Dr Neha. G, et l’étudiant mandataire Kanika Banzal.
Notre pays était représenté par l’Ecole supérieure d’ingénierie, d’architecture et d’urbanisme (ESIAU) qui a remporté le 2è prix avec son plan d’aménagement du quartier TSF (Téléphone sans fil) en Commune II du District de Bamako. Ce projet était dirigé par le Pr Abdoulaye Deyoko et l’étudiant mandataire Youssouf Deyoko. Le Prix spécial USF a été décerné à l’université d’Etat d’Erevan, tandis que le 1er prix est revenu à l’Académie libanaise des beaux arts. L’Inde s’est adjugée le 3è prix.
Dans la catégorie à laquelle l’Esiau a participé, le jury local était composé de Mamadou Sissoko, Souleymane Coulibaly, Hamadou Koné, Abasse Yalcouyé, Moussa Coulibaly, Ibrahim Kounta et Mahamadou Mingolo. Quant au jury international présidé par Bertrand Lemoine, il comprenait Maggie Cazal (présidente fondatrice d’USF), Hari Baral, Guy Burgel, Michel Frenot, Bertrand Rouzeau et Victor Said.
Les postulants au concours, en partenariat avec la direction des universités et en concertation avec les mairies et les populations, ont élaboré localement des projets conformément au cahier des charges et au règlement du concours d’USF. Sur 36 pays, 4 (Arménie, Inde, Liban et Mali) ont été sélectionnés pour participer à la phase finale. Le jury du concours s’est réuni le 24 janvier 2014 sous la présidence de Bertrand Lemoine.
Une délégation de chacun des pays participants a été reçue par USF à Paris pour participer à cet événement inédit. La cérémonie de remise des prix s’est déroulée le 25 janvier 2014 dans les locaux d’USF à Paris lors d’une conférence organisée en partenariat avec PFVT et la direction d’ONU-Habitat sur le thème « le devenir des bidonvilles face aux crises socio-économiques et environnementales ».
L’événement a été marqué par une présentation des projets, une grande réunion et la proclamation des résultats du concours. Chaque délégation a présenté son projet devant le jury. Ce dernier a délibéré selon une grille d’évaluation avec des coefficients correspondant aux objectifs ciblés dans le règlement du concours. Au cours de la rencontre, 24 chercheurs et consultants ont participé à titre d’intervenants tandis que plus de 200 personnes (universitaires, chercheurs, consultants, élus) participaient au débat.
Pour la concrétisation de l’initiative, l’USF, logée à l’adresse web www.usf-f.org, réalisera des opérations pilotes sur le terrain de ces projets primés qui seront réalisés localement, en concertation avec la mairie et les habitants. L’ouverture des chantiers est prévue pour 2016.
Durant l’année en cours, le mandataire de chaque projet aura la possibilité de séjourner à Paris durant 6 mois pour un stage spécialisé dans une grande agence d’architecture et d’urbanisme afin d’améliorer son projet et d’en finaliser les détails administratifs et financiers.
Des bailleurs de fonds seront sollicités pour la réalisation de ces opérations. L’aménagement des bidonvilles est un enjeu majeur pour les pays émergents et en développement en termes d’intégration urbaine, sociale et environnementale. C’est pourquoi USF mène cette action et table sur un grand partenariat en faveur du développement durable des villes.
L’ESIAU est la seule école privée en Afrique qui enseigne les quatre filières des métiers de la ville : l’architecture, l’urbanisme, le génie civil et l’aménagement du territoire. Elle a démarré officiellement ses activités en 2006. Au Mali, l’école accueille de nos jours, des étudiants venant de divers pays (Cameroun, Congo-Brazzaville, Bénin, Burkina Faso, Guinée, Niger, Tchad, Togo).
La faculté prépare ses étudiants aux diplômes de licence et de master, respectivement en trois et cinq années d’études conformément à l’arrêté de création selon le système LMD (licence, master, doctorat) de l’enseignement supérieur.
Elle a, depuis quelques années, engagé des activités comme les voyages d’étude, les workshops, la formation qualifiante (chantier-école), l’appui-conseil afin de redynamiser et d’améliorer la pratique dans le secteur du BTP et cela au plan local, national et international. Cette démarche, selon Abdoulaye Deyoko, permet d’élargir le programme pour cerner au maximum les problématiques de nos maisons, quartiers, villages et villes.
L’ESIAU avec son site web www.esiau-mali.com, entretient des relations de partenariat avec l’Ecole technique supérieure d’architecture de Barcelone, l’Ecole nationale supérieure de Toulouse, l’INSA de Toulouse, l’Ecole spéciale d’architecture de Paris (où Abdoulaye Deyoko est membre du jury de la licence), l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne et l’Université de Paris 13.
Le promoteur de l’ESIAU, Abdoulaye Deyoko, un natif de Kati, est détenteur d’une maîtrise d’urbanisme (1973) de l’IFU (Institut français d’urbanisme de l’Université de Paris 8), d’un diplôme du 3è cycle en développement régional et aménagement du territoire de l’IEDES-Paris I (1975).

S. TANGARA (AMAP, L’essor)

Source : Maliactu